Mobilisation et préparation avant le Forum
- Près de deux années de mobilisation régionale et intercontinentale, menée par le Conseil international et la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau en Afrique de l’Ouest (CGLTE-OA), sous la direction de Massa Koné, représentant du Conseil de HIC pour les mouvements sociaux.
- HIC était activement représentée au sein du Comité technique d’organisation par la Coordinatrice régionale pour l’Afrique, qui a participé aux réunions de planification et de coordination.
- La délégation de 13 personnes de HIC est arrivée à Cotonou le 3 août 2026.
La situation de la caravane à la frontière et les restrictions imposées à tous les rassemblements publics liés au FSM
- Le lundi 3 août, les caravanes ouest-africaines, dont celle de Massa Koné, sont arrivées à la frontière béninoise depuis le Togo. Malgré une autorisation initiale d’entrée, les forces de sécurité ont intercepté les caravanes, les ont escortées sous surveillance armée et les ont contraintes à retourner au Togo tard dans la nuit.
- Le Conseil international du FSM a convoqué une session d’urgence extraordinaire, à laquelle ont participé des représentant·e·s de HIC, afin d’évaluer l’évolution rapide de la situation politique.
- Les autorités béninoises ont restreint les rassemblements publics du FSM à l’Université d’Abomey-Calavi, entraînant l’annulation officielle de la marche d’ouverture prévue le 4 août.
L’interdiction soudaine du Forum social mondial par le gouvernement
- Le gouvernement béninois a interdit toutes les activités liées au FSM sur le site universitaire, entraînant l’annulation du programme officiel du Forum.
- HIC a donné la priorité à la sécurité physique immédiate de sa délégation de 13 personnes, en organisant des départs anticipés et en suspendant les sessions parallèles en présentiel afin d’éviter toute confrontation avec les autorités.
- HIC a décidé de transférer son programme principal, y compris le lancement de la Déclaration collective des priorités communes, vers un format virtuel après le Forum.
La décision ultérieure du gouvernement concernant le Forum
- À la suite de négociations entre les organisateur·rice·s et les autorités, le gouvernement a accepté de permettre la poursuite du Forum sans nouvelle ingérence de l’État.
- Le 17e Forum social mondial a officiellement débuté le mercredi 6 août 2026, sur le campus de l’Université d’Abomey-Calavi.
- Les Adhérent-e-s restants de la délégation de HIC à Cotonou ont participé aux activités, notamment à l’accueil des caravanes ouest-africaines arrivantes, à la marche d’ouverture et à la cérémonie officielle d’ouverture aux côtés de milliers de délégué·e·s des mouvements sociaux.
Réflexion
Réflexion et analyse des événements
À la lumière des développements et de l’expérience du Forum, il apparaît clairement que les États considèrent les rassemblements autonomes des mouvements sociaux comme une menace politique à contenir plutôt que comme un exercice démocratique. Le retour forcé des caravanes vers la frontière sous escorte armée et le traitement qui leur a été réservé mettent en évidence la manière dont les contrôles frontaliers et l’utilisation des forces de sécurité de l’État sont instrumentalisés pour remettre en cause et démanteler la solidarité et la construction de mouvements à travers les régions. Ce qui s’est passé à Cotonou reflète la tendance régionale et mondiale systémique au rétrécissement des espaces civiques, à la criminalisation des défenseur·euse·s des droits humains et à la restriction de la liberté de réunion publique. De telles actions compromettent directement les conditions nécessaires pour que les communautés marginalisées puissent s’organiser et exiger des changements structurels.
Cette réalité du Forum social mondial fait directement écho au diagnostic et aux revendications formulés dans la Déclaration des priorités communes de HIC, élaborée dans le cadre de la Convergence des mouvements sociaux et féministes
Cette réalité du FSM fait directement écho au diagnostic et aux revendications formulés dans la
Déclaration des priorités communes de HIC
élaborée dans le cadre de la Convergence des mouvements sociaux et féministes. La tentative de l’État de réduire le Forum au silence met en évidence plusieurs piliers essentiels de cette déclaration :
Droits à la terre, au territoire et au logement
Les obstacles rencontrés par les caravanes de la CGLTE-OA et les défenseur·euse·s de la terre soulignent pourquoi la défense des droits à la terre, au territoire et au logement doit rester au centre de tous les programmes des mouvements sociaux.
Femmes et groupes marginalisés
Les interventions autocratiques de l’État affectent de manière disproportionnée les femmes et les groupes marginalisés qui dépendent des espaces collectifs pour leur sécurité, leur soutien mutuel et leur plaidoyer.
Alliances entre les mouvements à travers les régions
Les défis rencontrés à Cotonou démontrent que les luttes locales contre les expulsions forcées, l’accaparement des terres et la répression civique ne peuvent être gagnées de manière isolée ; elles nécessitent des alliances profondément interconnectées entre les mouvements de différentes régions.
Malgré l’environnement hostile, l’expérience de Cotonou a offert un puissant témoignage de la force et de la résilience des mouvements sociaux face à l’ingérence de l’État. Plutôt que de se démobiliser, les mouvements se sont adaptés en temps réel, en organisant des sessions décentralisées, des réunions de coordination d’urgence et en utilisant les hôtels et les espaces des réseaux pour poursuivre les échanges. Des déclarations publiques et des dénonciations ont été rapidement publiées afin de condamner les actions des autorités béninoises et d’exprimer leur solidarité avec Massa Koné, la CGLTE-OA et les organisateur·rice·s locaux.
Perspectives
Impact sur le programme de HIC
Si l’annulation initiale nous a empêché de tenir nos sessions autogérées prévues dans leur format initial, la délégation de HIC a participé activement aux principaux moments pléniers et aux sessions thématiques organisées par les mouvements partenaires. Notre présence a permis de démontrer de manière visible l’engagement de HIC en faveur de la solidarité entre les mouvements, malgré les perturbations.
L’un des principaux objectifs de HIC à Cotonou était le lancement en présentiel de la Déclaration collective des priorités communes. Si la session physique a été suspendue afin de protéger le bien-être des Adhérent-e-s de la délégation et de s’adapter aux restrictions imposées sur le lieu de l’événement, l’esprit et l’objectif de cette étape importante restent pleinement intacts.
Un événement de lancement en ligne dédié
Nous avons décidé d’organiser un événement de lancement en ligne dédié à la Déclaration. Ce rassemblement virtuel poursuivra le même élan, les mêmes objectifs et la même profondeur politique que ceux prévus à Cotonou, en réunissant les Adhérent-e-s de HIC, ses allié-e-s et les mouvements sociaux partenaires de toutes les régions.
La date exacte du lancement en ligne est actuellement en cours de finalisation. Les informations et les invitations seront diffusées dès que la date sera confirmée.
L’expérience de Cotonou a réaffirmé que, même face aux restrictions et aux perturbations, les mouvements sociaux continuent de s’adapter, de s’organiser et de construire des alternatives collectives






